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Où va l'empire Musk ?

Une nouvelle acrobatie au service de la démesure

Jean-Pierre GouxBiosphere Economics · Planetary Laboctobre 2026

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Première page de la note

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Résumé

Le 15 octobre 2026, Tesla a présenté son nouveau Roadster « volant » sur un site d'essais de SpaceX, au Texas. Propulsée par de l'air comprimé, la voiture a sauté par-dessus cinq véhicules en faisant un tonneau, et les images ont fait le tour du monde. Cette nouvelle acrobatie d'Elon Musk, l'une des figures qui façonnent l'ère planétaire, pose une question : où va son empire ?

Les entreprises de Musk restent distinctes, mais elles se rapprochent autour de lui. SpaceX a absorbé xAI, qui avait racheté X, puis elle est entrée en bourse lors de la plus grosse introduction de l'histoire. L'ensemble, parti de la voiture électrique et des fusées, se tourne vers l'intelligence artificielle et la défense. La partie A de la note analyse cette direction et la fascination dont Musk se sert. La partie B vérifie par la physique ce que la voiture peut réellement faire.

Les points clés

  1. Une démonstration de pouvoir

    Le 15 octobre, Musk a mis en scène sa puissance et le rapprochement de Tesla et de SpaceX, sur un site de SpaceX, avec des propulseurs conçus par SpaceX. La voiture n'a pas le droit de rouler sur la route et n'annonce aucun produit.

  2. Une valeur presque magique

    La bourse valorise Tesla environ 850 000 dollars par voiture vendue, quarante fois plus qu'une Toyota, alors que ses ventes reculent. Entre 87 et 97 % de sa valeur repose sur des activités qui n'existent pas encore à grande échelle.

  3. Des promesses en retard

    Roadster, conduite autonome, robotaxis, Optimus, Mars : les promesses de Musk sont en général tenues environ deux fois plus tard qu'annoncé, et chaque promesse manquée est remplacée par une plus vaste. Son opiniâtreté a pourtant fini par en tenir une partie.

  4. Le calcul en orbite, nouvelle frontière

    L'ambition est passée de 100 gigawatts à 100 térawatts en quelques mois. Elle a porté la plus grosse introduction en bourse de l'histoire, dont le prospectus reconnaît reposer sur des « technologies qui n'existent pas ». Un térawatt par an demanderait des dizaines de milliers de lancements de Starship.

  5. Un virage vers la défense

    Musk, qui alertait en 2017 contre les armes autonomes, co-dirige désormais une mission du Pentagone sur la guerre future, alors que SpaceX et xAI vendent à l'armée et que le bouclier antimissile Golden Dome ouvre un nouveau marché.

  6. Vers une seule entreprise

    SpaceX a déjà absorbé xAI et X, et plusieurs signes annoncent un rapprochement de toutes les entreprises de Musk, Tesla comprise, qui prolongerait les promesses en adossant les plus fragiles aux activités qui rapportent.

  7. Une part d'incertitude

    Ce bilan peut être démenti. Musk a fait basculer l'industrie automobile vers l'électrique et révolutionné le transport spatial avec des fusées réutilisables, et Starlink pourrait devenir un service essentiel. Mais en octobre 2026, l'Ukraine a vu ses drones perdre leur liaison Starshield sans savoir qui l'avait décidé : un service essentiel aux mains d'un seul homme pose une question de gouvernance.

  8. Des acrobaties réelles, sans usage

    La physique montre qu'aucun trucage n'est nécessaire : 250 kg d'air comprimé suffisent pour une voiture de 1,9 tonne. Mais une seule acrobatie consomme jusqu'à 86 % de la réserve, et la voiture ne tient que quelques secondes en l'air.

Cet empire doit croître pour tenir, alors que sept des neuf limites planétaires sont déjà franchies. Les Grecs appelaient cette démesure l'hubris. La question que posait le philosophe Bruno Latour, où atterrir ?, vaut pour Musk comme pour nous. Pour y répondre, l'humanité aura besoin de concertation et de planification bien plus que d'acrobaties.

Résumé en vidéo · partie B (physique du saut)

1 min 46 s

Simulateur : le coût d’un saut

Choisissez un obstacle, d’un enfant à la fusée Starship, et voyez si les 250 kg d’air comprimé du Roadster suffisent pour le franchir. Le simulateur reprend le modèle physique de la partie B de la note.

Le code reproduit toutes les valeurs et les graphiques de la partie B. Chaque équation y est expliquée et renvoie à sa section de la note. Il nécessite Python 3.9 ou plus et la bibliothèque CoolProp, et il est publié sous licence MIT.

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Sources

Sélection de références