Un nouveau chapitre de l'économie

L'Économie
Biosphérique

L'économie moderne a construit sa logique en ignorant la Biosphère. L'Économie Biosphérique la réintègre comme fondation de toute valeur, et non comme contrainte. Mais cette économie ne peut naître que si l'humanité habite et conçoit le monde en Homo biospheris : collectivement, en organe conscient de la Biosphère, accomplissant ses dix missions.

01 · L'erreur comptable

La plus grande erreur
comptable de l'histoire

Le PIB mesure les flux monétaires. Il ne mesure pas la santé des sols, la stabilité du climat, la résilience des écosystèmes. Pendant deux siècles, nous avons fait tourner un moteur économique en traitant son carburant comme gratuit et inépuisable.

$44 Tnde PIB mondial dépend modérément ou fortement de la nature : une richesse que l'on trouve dans les forêts, les sols et les océans, mais jamais dans un bilan comptable.World Economic Forum

Le problème est moins un manque de données qu'un problème de cadre. L'économie standard a construit ses fondations sur une hypothèse non formulée : que la Biosphère est extérieure au système économique. Homo biospheris repose sur l'hypothèse inverse.

"La Biosphère est la condition de possibilité de toute économie, et non l'une de ses contraintes."

Jean-Pierre Goux

02 · Une nouvelle fondation

De l'externalité
à la fondation

La réponse standard à la crise écologique a été d'internaliser les externalités : tarifier le carbone, monétiser les services écosystémiques, intégrer les critères ESG. C'est nécessaire, mais insuffisant, car le cadre conceptuel reste le même. La Biosphère y reste extérieure à l'économie, quelque chose à gérer et à compenser.

Traiter la Biosphère comme du capital naturel revient à confondre la source avec le flux : c'est le substrat à partir duquel tout capital dérive.

On ne peut pas mettre un prix sur ce qui est condition d'existence. Mais on peut organiser toutes ses décisions autour de sa préservation et de sa régénération. C'est ce que propose l'Économie Biosphérique : remplacer le PIB comme boussole ultime par la santé de la Biosphère.

Le concept

Économie Biosphérique

Un cadre économique qui place la Biosphère comme fondation, et non comme contrainte. La prospérité se mesure à la capacité régénératrice des systèmes dont nous dépendons, à l'intérieur desquels tout le reste s'optimise.

03 · Deux mondes économiques

Économie Traditionnelle (Sapiens)
vs Économie Biosphérique (Biospheris)

Les dimensions suivantes décrivent deux façons radicalement différentes de concevoir l'économie. L'une organise le monde autour de la croissance matérielle. L'autre organise le monde autour de la santé du vivant, y compris de l'humanité. Cette transition n'est possible que si l'humanité évolue dans sa manière d'habiter la Terre, vers Homo biospheris.

Économie traditionnelle (Sapiens)
Économie Biosphérique (Biospheris)
But fondamental
Maximiser la production et la consommation.
Harmoniser les relations entre humains et avec la Biosphère, dans la joie et l'amour du vivant.
Type de croissance
Croissance matérielle infinie.
Croissance qualitative : des liens, de la conscience et de l'amour circulant entre les êtres et le vivant.
Fonction d'objectif
Maximisation de l'utilité et du profit individuel.
Maximisation de la santé de la Biosphère et du bien-être collectif.
Définition de la richesse
Accumulation de biens et de capitaux.
Capacité à régénérer la vie, multiplier les liens et faire circuler l'amour.
Valeur économique
Déterminée par la rareté et le prix.
Déterminée par la contribution à la régénération du vivant, à l'harmonie sociale et à la beauté du lien.
Type de richesse collective
Quantitative, mesurée en flux matériels.
Qualitative, mesurée en intensité de liens, en vitalité du vivant et en amour circulant dans le système.

Mise en perspective

L'Économie Biosphérique
dans le paysage économique

L'Économie Biosphérique ne rejette pas les approches existantes. Elle en intègre certaines, dépasse d'autres, et rompt avec ce qui n'est plus tenable.

Intégré et aligné

Ces concepts font partie de l'Économie Biosphérique ou y sont pleinement compatibles.

Économie circulaireÉconomie circulaireMaintient les matériaux et les produits en circulation par la réutilisation, la réparation et le recyclage. Les déchets sont éliminés par conception.Conceptualisé par Walter Stahel (années 1970), popularisé par la Fondation Ellen MacArthur.Ellen MacArthur Foundation, Towards the Circular Economy (2013)Cradle to CradleCradle to CradleConçoit les produits comme des nutriments : biologiques (retournant à la nature) ou techniques (circulant indéfiniment dans l'industrie). Le déchet devient nourriture.Développé par l'architecte William McDonough et le chimiste Michael Braungart.McDonough & Braungart, Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things (2002)Économie de la fonctionnalitéÉconomie de la fonctionnalitéVend la performance et l'usage plutôt que la propriété des biens. Le fabricant conserve la responsabilité du cycle de vie du produit.Développé par Walter Stahel au Product-Life Institute de Genève.Walter Stahel, The Performance Economy (2010)Économie régénérativeÉconomie régénérativeRestaure et régénère la vitalité des systèmes vivants (sols, eau, écosystèmes) comme base d'une prospérité durable.Développé par John Fullerton et le Capital Institute.John Fullerton, Regenerative Capitalism (2015)Économie bleueÉconomie bleueUtilise ce que la nature offre localement, en cascade d'un processus à l'autre : zéro déchet, zéro émission, multiples flux de valeur.Initié par Gunter Pauli, inspiré des principes du biomimétisme.Gunter Pauli, The Blue Economy (2010)Économie écologiqueÉconomie écologiqueTraite l'économie comme un sous-système enchâssé dans les écosystèmes, plaçant les limites biophysiques au cœur de l'analyse.Fondé par Herman Daly et Robert Costanza dans les années 1980–90.Herman Daly, Beyond Growth (1996) · International Society for Ecological Economics (est. 1988)Économie stationnaireÉconomie stationnaireUne économie à population et flux d'énergie et de matières stables, opérant dans les limites de la capacité de charge biophysique de la planète, rejetant la croissance infinie comme objectif viable.Développé par Herman Daly, ancré dans l'économie thermodynamique de Nicholas Georgescu-Roegen.Herman Daly, Steady-State Economics (1977) · Beyond Growth (1996)Économie du DonutÉconomie du DonutDéfinit un espace sûr et juste pour l'humanité entre un socle social (besoins fondamentaux) et un plafond planétaire (limites écologiques).Créé par Kate Raworth à Oxfam, développé à l'Université d'Oxford.Kate Raworth, Doughnut Economics (2017)Économie post-croissanceÉconomie post-croissanceUne économie conçue pour assurer le bien-être, l'équité et la stabilité écologique sans croissance perpétuelle du PIB. Non pas la décroissance, mais un système qui ne dépend plus de la croissance pour fonctionner.Développé notamment par Tim Jackson, formalisé par Thomas Piketty & Tim Jackson dans un article de référence, et approfondi par l'économiste Timothée Parrique dont la thèse constitue le plaidoyer empirique le plus complet pour découpler l'économie de la croissance.Tim Jackson, Prosperity Without Growth (2009) · Piketty & Jackson, The Lancet Planetary Health (2024) · Timothée Parrique, Ralentir ou périr (2022)Au-delà du PIB : nouveaux indicateurs de richesseAu-delà du PIB : nouveaux indicateurs de richesseRemplace le PIB comme mesure principale du progrès par des indicateurs capturant le bien-être, l'équité sociale, la santé écologique et la résilience à long terme.Rapport de Patrick Viveret Reconsidérer la richesse (2003), indicateurs socio-écologiques d'Éloi Laurent, Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi.Viveret, Reconsidérer la richesse (2003) · Stiglitz, Sen & Fitoussi, Mismeasuring Our Lives (2010) · Laurent, Measuring Tomorrow (2018)Économie des communsÉconomie des communsDémontre que les communautés peuvent gouverner des ressources naturelles partagées (forêts, pêcheries, nappes phréatiques) de façon durable, sans privatisation ni État, par des règles d'autogouvernance collective.Elinor Ostrom, Université d'Indiana. Prix Nobel d'économie (2009), première femme à le recevoir.Elinor Ostrom, Governing the Commons (1990)Économie de la complexitéÉconomie de la complexitéTraite l'économie comme un système complexe adaptatif en perpétuelle évolution, non comme un équilibre mécanique. Les agents s'adaptent, des niches émergent, le système ne se stabilise jamais vraiment. Ancré dans la biologie et les sciences des systèmes.W. Brian Arthur et ses collègues au Santa Fe Institute, années 1980–90.W. Brian Arthur, Complexity and the Economy (2014) · Santa Fe InstituteÉconomie du bien-êtreÉconomie du bien-êtreRéoriente la politique nationale autour du bien-être des citoyens, de la santé écologique et de l'équité sociale plutôt que de la croissance du PIB. Adopté comme cadre officiel par l'Écosse, la Nouvelle-Zélande, l'Islande, le Pays de Galles et la Finlande.Alliance Wellbeing Economy Governments (WEGo), fondée en 2018.WEGo, Wellbeing Economy Governments (2018) · Katherine Trebeck & Jeremy Williams, The Economics of Arrival (2019)Économie du careÉconomie du careRend visible le travail de soin non rémunéré ou sous-valorisé (élever les enfants, prendre soin des anciens, maintenir les liens sociaux) comme fondation de toute activité économique. Remet en cause l'invisibilité des systèmes reproductifs et naturels dans l'économie standard.Joan Tronto, Nancy Folbre, Marilyn Waring. Partie de l'économie féministe depuis les années 1980.Marilyn Waring, If Women Counted (1988) · Nancy Folbre, The Invisible Heart (2001)BiorégionalismeBiorégionalismeOrganise la société humaine autour de régions géographiques naturelles définies par les bassins versants, les écosystèmes et les cultures locales, plutôt que par les frontières politiques. Chaque biorégion devient l'unité fondamentale de la vie économique, politique et culturelle.Développé par Peter Berg et Kirkpatrick Sale dans les années 1970 et 1980.Kirkpatrick Sale, Dwellers in the Land: The Bioregional Vision (1985)BioéconomieBioéconomieApplique la thermodynamique à l'économie : tout processus économique transforme irréversiblement des ressources à faible entropie en déchets à haute entropie. L'économie est un système biologique, non mécanique. L'astrophysicien François Roddier prolonge cette vision en appliquant la théorie des systèmes dissipatifs (Prigogine) pour expliquer les cycles économiques.Fondé par Nicholas Georgescu-Roegen. Prolongé par François Roddier (astrophysicien, Univ. d'Hawaï) dans la tradition des structures dissipatives de Prigogine.Georgescu-Roegen, The Entropy Law and the Economic Process (1971) · F. Roddier, De la thermodynamique à l'économie (2018)Bonheur National BrutBonheur National BrutUn cadre de gouvernance qui remplace le PIB par un indice multidimensionnel intégrant le bien-être psychologique, la résilience culturelle, la santé des écosystèmes, l'usage du temps et la bonne gouvernance. Premier cadre national à institutionnaliser la santé du vivant comme objectif économique.Conçu par le roi Jigme Singye Wangchuck du Bhoutan en 1972. Formalisé comme politique nationale et intégré dans la Constitution bhoutanaise en 2008.Centre for Bhutan Studies, GNH Survey (2010) · UNDP, Beyond GDP: Measuring What Counts (2019)Small is BeautifulSmall is BeautifulUne philosophie économique qui défend que des économies à échelle humaine, décentralisées et ancrées écologiquement sont plus résilientes, justes et sensées que le gigantisme industriel. Introduit l'"économie bouddhiste" : la production et la consommation guidées par la minimisation de l'effort et la maximisation du bien-être, et non de la production.Développé par E.F. Schumacher, économiste britannique, dans son livre majeur de 1973. Schumacher fut influencé par la vision gandhienne de l'autosuffisance à l'échelle du village.E.F. Schumacher, Small is Beautiful: Economics as if People Mattered (1973)Économie sacréeÉconomie sacréeSoutient que la monnaie et l'économie doivent refléter la véritable abondance du monde vivant plutôt que d'imposer une rareté artificielle. Propose la monnaie fondante (qui perd de la valeur dans le temps pour encourager la circulation), les principes de l'économie du don et la réintégration de l'échange économique dans des relations de gratitude et de soin.Développé par Charles Eisenstein, auteur et conférencier américain, dans son livre de 2011. S'appuie sur la théorie de l'économie du don (Marcel Mauss), les mouvements de monnaies alternatives et la philosophie de l'interdépendance.Charles Eisenstein, Sacred Economics: Money, Gift, and Society in the Age of Transition (2011)Éco-économieÉco-économieUn cadre de restructuration de l'économie mondiale pour que son progrès soit guidé par la santé des écosystèmes plutôt que par la croissance du PIB. Propose des transitions sectorielles concrètes (énergie, transport, agriculture, matériaux) dans les limites de la capacité de charge planétaire, en traitant l'économie comme une filiale entièrement détenue par l'écosystème.Développé par Lester Brown, fondateur du Worldwatch Institute et de l'Earth Policy Institute. Sa série "Plan B" (2003–2011) a tracé la feuille de route la plus complète pour une transition écologique de l'ensemble de l'économie.Lester Brown, Eco-Economy: Building an Economy for the Earth (2001) · Plan B 4.0: Mobilizing to Save Civilization (2009)Microcrédit & entreprise socialeMicrocrédit & entreprise socialeLe microcrédit accorde de petits prêts aux personnes exclues du système bancaire traditionnel, favorisant l'entrepreneuriat et l'autonomie économique à la base. Prolongé dans l'entreprise sociale : des entreprises conçues non pour maximiser le profit mais pour résoudre des problèmes humains, les investisseurs ne récupérant que leur mise initiale.Développé par Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank (Bangladesh, 1983). Prix Nobel de la Paix 2006. Prolongé dans le concept d'entreprise sociale dans son livre Building Social Business (2010).Muhammad Yunus, Banker to the Poor (1999) · Building Social Business (2010)Économie Sociale et Solidaire (ESS)Économie Sociale et Solidaire (ESS)Un ensemble d'organisations (coopératives, mutuelles, associations, fondations, entreprises sociales) qui poursuivent une finalité sociale ou environnementale, fonctionnent avec une gouvernance démocratique et limitent la distribution des bénéfices. Représente une alternative au modèle actionnarial, plaçant les besoins humains et écologiques au centre de l'activité économique.Enracinée dans les mouvements coopératifs du XIXe siècle (Pionniers de Rochdale, 1844). Institutionnalisée en France par la loi ESS (2014). Le mouvement de l'entrepreneuriat social, dont Ashoka (Bill Drayton, 1980), a étendu cette logique à l'échelle mondiale.Loi française relative à l'ESS (2014) · Defourny & Nyssens, Social Enterprise in Europe (2017)Économie symbiotiqueÉconomie symbiotiqueUn modèle économique inspiré de la logique du vivant, dans lequel les activités humaines régénèrent les écosystèmes plutôt que de les dégrader. L'économie est conçue comme une symbiose entre les sociétés humaines et le monde vivant, dans laquelle chaque partie bénéficie à l'autre.Développée par Isabelle Delanoy, fondatrice de l'Institut de l'Économie Symbiotique, en s'appuyant sur le biomimétisme et la conception régénérative.Isabelle Delanoy, Économie Symbiotique (2017)
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Insuffisant ou dépassé

Utiles mais trop étroits : ils ne remettent pas en cause le cadre conceptuel de fond.

Développement durableDéveloppement durableUn développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Cadre international dominant depuis le rapport Brundtland (1987). Utile mais insuffisant : il ne remet pas en cause le paradigme de la croissance et reste anthropocentrique.Brundtland Commission, Our Common Future (1987) · UN Sustainable Development Goals (2015)Économie verteÉconomie verteUne économie qui améliore le bien-être humain et l'équité sociale, tout en réduisant significativement les risques environnementaux. Promue par le PNUE. Utile pour verdir les marchés mais reste dans le cadre de la croissance et ne traite pas le déséquilibre métabolique systémique.UNEP, Towards a Green Economy (2011)RSE / ESGRSE / ESGLa Responsabilité Sociale des Entreprises et les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance. Utiles pour améliorer les pratiques d'entreprise mais restent volontaires, marginaux par rapport à la logique commerciale centrale, et ne redesignent pas la raison d'être fondamentale de l'entreprise.Freeman, Strategic Management: A Stakeholder Approach (1984) · Business Roundtable, Statement on the Purpose of a Corporation (2019)Marchés carboneMarchés carboneMécanismes de marché (plafonnement et échange, crédits carbone) qui attribuent un prix aux émissions de carbone pour inciter à leur réduction. Utiles pour créer des signaux économiques mais insuffisants : ils marchandisent l'atmosphère, sont sujets à la fraude et aux compensations de qualité douteuse.Kyoto Protocol (1997) · EU Emissions Trading System · Grayson (2023), Carbon Markets Are BrokenCroissance verteCroissance verteLa théorie selon laquelle croissance économique et protection de l'environnement peuvent être découplées grâce à la technologie et aux gains d'efficacité. Les preuves empiriques d'un découplage absolu à l'échelle requise restent faibles.OECD, Towards Green Growth (2011) · Parrique et al., Decoupling Debunked (EEB, 2019)Capitalisme naturelCapitalisme naturelPropose quatre principes : productivité radicale des ressources, production en boucle fermée (biomimétisme), économie de service et de flux (vendre l'usage plutôt que la propriété) et réinvestissement dans le capital naturel. Plus systémique que la RSE ou la croissance verte, mais reste dans le capitalisme de marché. Sa limite centrale : traiter la nature comme un "capital" à gérer perpétue la logique Homo sapiens de la nature comme actif.Paul Hawken, Amory Lovins & Hunter Lovins, Natural Capitalism (1999)Civilisation écologiqueCivilisation écologiqueUn concept de gouvernance institutionnalisé dans la Constitution chinoise (2018) sous Xi Jinping, visant à harmoniser le développement économique avec la protection écologique, en s'appuyant sur la philosophie taoïste et confucéenne. Pointe dans la bonne direction philosophique mais reste enchâssé dans un modèle de croissance étatique sans transformation métabolique.Chinese Communist Party, 18th National Congress Report (2012) · Pan Yue, Ecological Civilization (2006)

Incompatible, à dépasser

Ces logiques sont à la source de la crise. L'Économie Biosphérique les remplace.

Économie fossileÉconomie fossileUne économie dont le métabolisme énergétique repose sur la combustion de réserves de carbone ancien (charbon, pétrole, gaz). Structurellement incompatible avec l'Économie Biosphérique : elle brûle en 300 ans l'énergie solaire que la Biosphère a stockée sur des centaines de millions d'années.IEA, World Energy Outlook (annual) · IPCC AR6 (2021)Économie linéaireÉconomie linéaireUn modèle extraire-fabriquer-jeter dans lequel les matières premières sont extraites, transformées en produits puis rejetées comme déchets. Incompatible car il traite les matériaux planétaires comme des stocks infinis et la biosphère comme un exutoire.Ellen MacArthur Foundation, Towards the Circular Economy (2013)Économie extractiveÉconomie extractiveUn modèle économique organisé autour de l'extraction systématique de ressources naturelles (minéraux, biomasse, eau, terres) pour l'exportation et la transformation industrielle, avec des coûts externalisés sur les écosystèmes et les communautés locales.Jason Hickel, The Divide (2017) · IPBES, Global Assessment Report on Biodiversity (2019)Maximisation du PIBMaximisation du PIBL'utilisation de la croissance du Produit Intérieur Brut comme objectif principal de la politique économique. Incompatible car le PIB ne distingue pas les activités qui régénèrent la vie de celles qui la détruisent. Il mesure les flux d'argent, pas les flux de bien-être ou de vitalité.Robert Kennedy, Speech on GNP (1968) · Stiglitz, Sen & Fitoussi, Mismeasuring Our Lives (2010)Primauté des actionnairesPrimauté des actionnairesLa doctrine selon laquelle la finalité première d'une entreprise est de maximiser les rendements pour les actionnaires. Formalisée par Milton Friedman (1970). Incompatible car elle subordonne structurellement toutes les autres formes de valeur à l'extraction financière.Milton Friedman, The Social Responsibility of Business is to Increase its Profits (NYT, 1970) · Mayer, Prosperity (2018)

05 · L'Économie Biosphérique aujourd'hui

À l'origine d'une
nouvelle grammaire économique

Les organisations qui adoptent aujourd'hui le cadre de l'Économie Biosphérique se positionnent à l'origine d'une nouvelle grammaire économique. Les concepts, les métriques et les récits de l'économie régénérative sont en train d'être écrits. Ceux qui les forgent en premier n'auront pas seulement à s'y adapter : ils en fixeront les règles.

Biosphere Economics accompagne ce travail de recomposition stratégique : par la recherche, par la formation des dirigeants, par des conférences qui transforment la manière dont une organisation se comprend elle-même dans l'histoire longue.

Pour les organisations

Ce que signifie Homo biospheris
pour votre organisation

Le concept ouvre un nouvel espace stratégique pour comprendre la raison d'être, la transformation et la transition écologique, au-delà de la conformité et du reporting.